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Dimanche 28 février 2010 7 28 /02 /Fév /2010 18:30
- Par Le Cep et la Rose

DOCTEUR DOMINIQUE ET MISTER BUSSEREAU

 

(discours prononcé par O. Falorni le 16 janvier à La Rochelle)

 

Je vais vous parler de notre adversaire, d'abord parce qu'un homme ou une femme avertie en vaut deux et surtout parce que nous avons face à nous un candidat double face, si vous me permettez l'expression, qui tente de faire oublier la brutalité de sa politique derrière l'apparence de la bonhomie.


De telle sorte que si je devais résumer le portrait de Dominique Bussereau en quelques mots, je dirais qu'il y a Docteur Dominique et Mister Bussereau.


Certes, il y a Docteur Dominique, le sympathique et débonnaire notable de Charente-Maritime, qui revient chaque week-end dans sa baronnie balnéaire de Saint-Georges-de-Didonne.


Mais derrière la masque avenant et tutoyant de Docteur Dominique, il y a Mister Bussereau, beaucoup de Mister Bussereau. C'est à dire le ministre du gouvernement Sarkozy, un gouvernement qui mène une offensive, sans précédent depuis 25 ans, contre la décentralisation, les collectivités locales et les services publics.


Offensive que je résumerai en deux formules, hélas terribles dont il est le coauteur : recentralisation et déménagement du territoire. Il y a six mois, Mister Bussereau ne voulait pas être candidat aux élections régionales, pour ne pas faire d'ombre à Docteur Dominique. L'UMP avait même trouvé une parfaite doublure, en la personne de l'ex-sénateur charentais Henri De Richemont.


Mais le suzerain de l'Elysée a parlé. Exit le comte De Richemont. Et donc, à l'insu de son plein gré, en bon soldat de la sarkozie, Mister Bussereau s'est retrouvé désigné chef de file de la droite pour les élections, comme on nomme un Préfet de Région.


Nous voici prévenus : si par malheur la droite l'emportait, ce n'est pas Docteur Dominique qui siégerait à Poitiers. C'est Mister Bussereau. Et nous aurions donc à la fois Sarkozy à Poitiers en plus de Sarkozy à Paris. Franchement, est-ce vraiment cela que nos concitoyens veulent pour Poitou-Charentes ?


Mais le suzerain de l'Elysée aime les courtisans. Et surtout, il n'aime pas les contre-pouvoirs. A vrai dire, il n'aime rien de ce qui ne dépend pas de lui. Comme Mazarin à l'époque de la monarchie absolue. Il a donc décidé de porter des coups décisifs à l'autonomie des collectivités locales, Région et département. Et que ce soit un retour en arrière sur 25 ans de décentralisation ? Peu lui importe.


Dans cette bataille, le pouvoir s'est doté de deux armes de destruction massive : la réforme de la fiscalité locale et la réforme des institutions territoriales.


L'UMP, qui connaît la chanson « Plus c'est gros et plus ça passe », a composé paroles et musique : la gauche aurait fait exploser depuis cinq ans la fiscalité locale.


Mais la chanson tombe à plat ici, où sous la présidence de Ségolène Royal, la fiscalité régionale n'a pas bougé depuis 2004.


Peu importe pour la droite : on serine la chanson, ne serait-ce que pour faire oublier que Mister Bussereau est membre d'un gouvernement qui a créé 26 taxes supplémentaires en deux ans et demi et que Docteur Dominique a eu la main lourde en Charente-Maritime avec la fiscalité départementale.


Il y a une chose que nous devons rappeler et rappeler sans cesse à nos concitoyens : c'est que, contrairement à l'Etat, les collectivités locales doivent présenter leur budget en équilibre. C'est vrai pour les communes, pour les départements comme pour les régions.


Et si les collectivités empruntent pour préparer l'avenir, la dette des collectivités locales représente 10 % du total de la dette publique, mais leurs investissements représentent 73 % des investissements publics.


Sans les collectivités locales, pas de relance ! Sans les collectivités locales pas de perspective de sortir de la crise ! Pas de programmes qui préservent l'emploi, ne serait-ce que dans le bâtiment et les travaux publics !


La réforme de la taxe professionnelle est la première arme de destruction massive. L'UMP en a d'ailleurs tellement honte, qu'elle a fait adopter un système provisoire pour 2010. La potion amère - mais définitive - ne sera connue qu'après les élections régionales.


Mister Bussereau est donc candidat pour diriger une région qui serait privée d'une part majeure de ses recettes. Ou plus exactement, dont les recettes vont basculer lourdement des entreprises vers les ménages. Aujourd'hui, 49 % des recettes des collectivités sont versées par les entreprises, 51 % par les ménages.


Si la réforme de la taxe professionnelle va à son terme, les % de la fiscalité locale seront payés par les ménages et !A seulement par les entreprises. Et comme la droite s'est bien gardée de toucher à la taxe d'habitation, le plus injuste et le plus archaïque des impôts, cela veut dire 50 % en plus d'inégalités, 50 % en plus d'injustices et 50 % en plus de ponction sur le pouvoir d'achat des plus modestes de nos concitoyens.


L'UMP nous dit : oui, mais l'État compensera les pertes de recettes pour les collectivités locales. C'est prévu pour 2010, mais rien pour après. D'ailleurs, IBat-UMP ne cesse de transférer des responsabilités aux régions et aux départements sans les compenser.


Un seul exemple : une loi de mars 2007 a confié aux départements des charges nouvelles et considérables en matière de protection de l'enfance. Sauf que le Gouvernement n'a jamais pris, depuis près de trois ans, le décret sur les mesures de compensation. Des présidents de conseils généraux, comme Arnaud Montebourg, ont dû saisir le Conseil d'Etat pour faire injonction au Gouvernement de prendre ce décret.


En attendant, ce sont les contribuables locaux qui paient. Et çà, Docteur Dominique s'est bien gardé de le dire aux contribuables de la Charente-Maritime.


Et comme si étrangler financièrement les régions ne suffisait pas, ils veulent aussi les asphyxier politiquement. C'est le fameux projet de réforme territoriale, qui verrait les élus du conseil général être en même temps élus au conseil régional. Le prétexte ? Faire des économies sur ces budgétivores qui gaspilleraient l'argent des contribuables...


90 % des élus locaux sont des bénévoles/ qui se dévouent au service de leurs concitoyens sans la moindre indemnité. Et pour ceux qui perçoivent des indemnités, cela représente annuellement à peine 1 pour 1000 du budget des collectivités concernées !


Derrière cette réforme en trompe-l'œil, il y a le projet de délégitimer les régions : avec 80 % d'élus au scrutin uninominal, c'est une formidable régression de la parité qui se prépare !

Ce sont des assemblées pléthoriques, inefficaces et ingouvernables ! Ce sont des assemblées qui ne seront plus que l'addition d'intérêts locaux sans vision d'ensemble du développement économique et social.


Il faut le savoir, et l'expliquer à nos concitoyens : Mister Bussereau est candidat pour mettre en œuvre le projet de Nicolas Sarkozy, c'est-à-dire pour présider une Région - croupion, privée de ses moyens, privée de sa légitimité démocratique, privée de sa capacité à transformer la vie concrète des habitants en matière économique, sociale, dans le domaine de la formation ou de l'environnement.


Si par malheur ce projet venait à se concrétiser, c'est sûr, Mister Bussereau ne ferait pas trop d'ombre à Docteur Dominique. Mais à quel prix ! Nous, nous voulons que face au bouclier fiscal de Nicolas Sarkozy qui protège ses amis du Fou-quefs, l'action politique de la Région puisse continuer à être un bouclier social pour protéger les plus démunis, par des services publics de qualité, par une vision d'avenir, par des choix de justice et de solidarité.


C'est pour cela que je vous invite à voter et à faire voter pour la liste menée par Ségolène Royal.


Olivier FALORNI

Premier secrétaire du PS de la Charente-Maritime

Tête de liste départementale pour les élections régionales

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